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Etudiant.e.s, nous nous abstiendrons ou voterons blanc le 7 mai 2017

Etudiants de la France insoumise de Nanterre
mardi 25 avril 2017

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Ils ne pensent pas (forcément) comme nous.

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Etudiant.e.s, nous nous abstiendrons ou voterons blanc le 7 mai 2017
Publié le 25/04/2017 à 15:49
Etudiants de la France insoumise de Nanterre

Etudiants de la France insoumise de Nanterre

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Ni Macron, ni Le Pen. Des étudiants de l’université de Nanterre expliquent pourquoi ils préfèrent retenir la date du 1er mai plutôt que celle du 7 mai. Un appel signé par des étudiants de différentes universités françaises.

Le 21 avril 2002, la France était secouée par un événement historique, l’accession de Jean-Marie Le Pen, candidat d’extrême-droite, au second tour de l’élection présidentielle. Quinze ans plus tard, rien n’a changé, ou presque.

Dimanche, à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, une configuration similaire à celle de 2002 a émergé, à savoir un deuxième tour opposant le Front National à un candidat censé représenter le « Front Républicain ». Notre rejet viscéral du Front National pourrait nous conduire à voter contre Marine Le Pen le 7 mai, pour faire barrage aux idées nauséabondes qu’elle défend et à l’histoire du parti qu’elle représente. Pourtant, dans le contexte préoccupant actuel, il est primordial de prendre de la distance pour comprendre les raisons (qui n’ont pas la prétention d’être développées de manière exhaustive ici) pour lesquelles le Front National est parvenu, une nouvelle fois, à se hisser au second tour.
Les politiques libérales destructrices dont Macron est l’étendard, ont contribué à la montée du FN
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Le faible émoi suscité par la qualification de Marine Le Pen pour le second tour, est révélateur de la normalisation de son parti et de la place prépondérante que celui-ci occupe désormais dans le paysage politique français. Depuis une dizaine d’années, et l’essor progressif du FN, les mêmes politiques néo-libérales sont menées, malgré l’alternance politique. Ces politiques destructrices ont engendré la dégradation des conditions de vie, le chômage de masse, la précarisation des emplois, la baisse des salaires et des retraites, ainsi que le démantèlement des services publics et la fragilisation de notre système de protection sociale. La soumission de nos dirigeants politiques aux diktats des autorités supra-nationales européennes, appliquant des mesures d’austérité accrues, a fortement contribué à la paupérisation de notre pays et à l’accroissement des inégalités, avec 9 millions de nos concitoyens sous le seuil de pauvreté, et le record de millionnaires français.

Privilégiant la main droite de l’Etat à sa main gauche, les politiques libérales ont donné priorité aux coupes budgétaires, à la dérégulation économique, au détriment de la santé, du logement, de l’enseignement et de la protection sociale. Ainsi, profitant de l’explosion des difficultés socio-économiques dans notre pays, le FN est parvenu à constituer son terreau électoral auprès de populations désemparées, victimes des ravages de la mondialisation et des politiques menées. Profitant de la brèche ouverte par les effets des politiques mises en place ces dernières années, le Front National a propagé un discours xénophobe et identitaire, en faisant croire aux Français confrontés à un déclassement social, à la précarité, que la cause de leur sort découlait de l’immigration.

La montée du FN résulte donc, en partie, de l’action politique de ces dernières années, dont Emmanuel Macron est l’étendard, le symbole. Jugeant que la loi El Khomri ne va pas « assez loin », l’ancien ministre de l’économie veut réformer le code du travail par ordonnances, en juillet, profitant de l’inertie des vacances scolaires pour annihiler toute velléité de mobilisation de masse. Macron souhaite par conséquent poursuivre et accentuer la flexibilisation du marché du travail, entrainant la fragilisation des salariés. Nous considérons que ce projet politique néo-libéral contribue de manière inéluctable, à la montée du FN au fil des différents scrutins électoraux, et que c’est en perpétuant le système économique actuel que l’extrême-droite finira par accéder au pouvoir. Le schéma consistant à brandir la menace FN pour lui faire front et voter « utile » ne résistera pas ad vitam aeternam. Le FN doit au contraire être combattu en proposant un programme politique clair basé sur une république sociale et humaniste.

Par ailleurs, le traitement sécuritaire du gouvernement Valls ces dernières années, au sein duquel Emmanuel Macron a été ministre pendant deux ans, a participé à la banalisation du discours du Front National. En reprenant les anathèmes du Front National, sur la déchéance de nationalité notamment, le gouvernement a brouillé les cartes du jeu politique et a légitimé les positions réactionnaires de Marine Le Pen.
« Nous ne pouvons accepter des propositions écologiques lancées uniquement pour plaire et sans qu’elles ne soient fermement ancrées à un projet d’ensemble pour notre pays et le monde. »

En tant qu’habitant.es du XXIe siècle, nous ne pouvons appuyer de manière responsable des candidats qui ne proposent de réponse précise à la plus grande question de notre siècle : la problématique écologique. Il nous est donc impossible de soutenir quiconque ne reconnaissant pas notre entrée dans l’ère géologique de l’Anthropocène, première ère où les activités de l’Homme ont marqué notre planète dans sa composition et son fonctionnement interne. Ainsi, face à l’urgence de plus en plus brûlante, nous ne pouvons accepter de candidature qui ne propose de plan précis et concret de transition écologique vers une énergie 100 % renouvelable. Nous ne pouvons accepter des propositions écologiques lancées uniquement pour plaire et sans qu’elles ne soient fermement ancrées à un projet d’ensemble pour notre pays et le monde. Emmanuel Macron étant le seul candidat qui soutient ouvertement le traité CETA et les autres traités de libre-échange similaires, qui encouragent le grand déménagement du monde générant une pollution aujourd’hui indécente. Ces traités poussent au productivisme, épuisant les ressources limitées de la planète et détruisant les terres arables.

Les accointances entre Emmanuel Macron et le haut-patronat ne peuvent que nous effrayer quant à la pleine liberté que pourront avoir des entreprises éco-criminelles comme Total ou Areva. Il ne propose non plus aucun plan précis concernant la réduction du nucléaire qu’il annonce, ni quant à la sécurité de ces face aux menaces climatiques ou terroristes et ne se ferme pas à leur exploitation pendant 40 années supplémentaires. Car les animaux ne sont pas des choses, nous ne pouvons voter pour un candidat souhaitant rouvrir les chasses présidentielles. Il nous est également impossible de cautionner la vision réactionnaire de l’écologie portée par le Front National, où la terre n’est vue que comme un « héritage de lignée » au service d’une surconsommation irresponsable, et non comme biodiversité essentielle à notre survie. La candidate fait également preuve d’une absence de conviction dangereuse vis-à-vis du nucléaire, qui varie au gré des élections pour se fixer aujourd’hui sur un maintien évident de la France dans les énergies nucléaires. Enfin, cette façade écologique artificielle ne fait que se confirmer par le climato-scepticisme de nombreux dignitaires FN, et par leur refus obsessionnel irresponsable de prendre en considération les migrations climatiques qui auront lieu dans les années à venir. Dépassant les clivages idéologiques, nous mettons l’urgence écologique en tête de nos préoccupations pour la survie de l’Humanité, que ces deux candidats poussent à la catastrophe.
Un manque de propositions évident ne répondant pas aux besoins des étudiant.e.s

Sur un sujet complètement absent de la campagne, l’Enseignement Supérieur et la Recherche, là encore la logique libérale chérie par Emmanuel Macron prédomine. La détérioration des conditions d’études à l’université, suite aux lois Pécresse et Fioraso sur l’autonomie et la fusion des universités, sera poursuivie par la fusion des universités avec des grandes écoles privées, ce qui tendrait vers la privatisation de l’enseignement. Macron veut également encourager les chercheur.ses à l’entrepreneuriat, en soumettant la recherche au marché de l’emploi et au secteur privé. Le savoir et la connaissance seront réduits à des marchandises, servant à générer toujours plus de profits pour les entreprises du CAC 40, entre autre. Attachés au prestige de la culture et du savoir, nous ne pouvons cautionner cette vision capitaliste de la recherche et de l’enseignement, ni celle de Marine Le Pen caractérisée par une absence de propositions concrètes pour nos conditions d’études et une obsession identitaire.
« Le pire concernant les libertés de création et de contestation inhérentes à la production artistique en France »

C’est dans le même esprit que nous ne pouvons souscrire au projet d’une candidate dont le programme culturel repose sur l’obscurantisme au service d’une propagande nationaliste digne des régimes coloniaux du XIXe siècle et des totalitarismes que certains ont pu imposer au XXe. Ainsi, la seule attention du programme de Marine Le Pen portée sur la culture consistant à la création d’un « art national », consistant en l’unique préservation du patrimoine pour ne faire vivre la Culture en France qu’au service d’un fantasme de roman national ethnique représente un grave danger. Enfin les déclarations ouvertement hostiles du Front national vis à vis de la création contemporaine, qui serait mise en opposition ne peuvent que nous faire craindre le pire concernant les libertés de création et de contestation inhérentes à la production artistique en France. Dans la même démarche, nous ne pouvons non plus tolérer les propositions du candidat Macron, qui, s’inscrivant dans la même lignée d’abandon des créatrices et créateurs, encouragent la « consommation ».

Son « Pass culture » de 500 euros n’est qu’un pur appel au consumérisme. Il revient à officialiser la mainmise de l’argent comme seul moteur de création culturelle, adoubant les multinationales comme le groupe Bolloré à être les principaux producteurs culturels en France, dans un but uniquement lucratif et non artistique ou social. Ce serait une régression sans précédent, là où la France œuvre depuis des décennies à libérer la Culture de l’argent. De plus, ses propos affirmant qu’il n’existait pas de culture française, en plus d’être sociologiquement faux, sont une négation des associations et organismes publics qui permettent l’épanouissement culturel propre aux territoires et aux quartiers populaires, nécessaire à la cohésion sociale. Nous refusons donc cette société de la consommation culturelle, ainsi que celle de la domination réactionnaire du passé patrimonial, substituées à celle de la création culturelle, diverse, populaire et émancipatrice.

Pour les différentes raisons que nous venons d’exposer, nous ne voterons pas pour la représentante d’un parti fondé par des néo-fascistes français et soutenus par leurs homologues italiens, elle-même habituée aux bals des dignitaires de l’extrême-droite européenne, qui axe son discours politique sur la division des citoyens, en fonction de leur appartenance ethnique et/ou religieuse, ni pour un ancien banquier d’affaires, fervent défenseur d’une économie dérégulée, qui a pour plan de détruire nos acquis sociaux par ordonnances, poussant à l’individualisme exacerbé et à l’accroissement des écarts entre les plus riches et les plus pauvres. De surcroit, l’essoufflement des institutions de la 5ème République appelle à une sortie de la monarchie présidentielle qu’aucun des deux candidats présents au Second tour n’a l’intention de remettre en cause.

Combattons plus que jamais la xénophobie et le néo-libéralisme qui la nourrit. Unissons-nous dès le 1er mai dans les rues pour que la belle promesse du mouvement créé par Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise, devienne une grande force progressiste, anti-libérale et écologiste d’opposition lors du prochain quinquennat.

Liste des signataires :

Aumont William (Université Paris 4)
Bareau Elliott (Université Paris 10)
Bauve Lucas (Université Paris 10)
Bekhti Walid (Université Paris Dauphine)
Besseghir Nassima (IRTS Neuilly-sur-Marne)
Bougeard Diane (Université Paris 10)
Cadillat Léonard (Université Paris 10)
Calfuquir Julian (Université Paris 10)
Casset Anoushka (Ecole Supérieure de Publicité)
Cathelain Léa (Université Cergy-Pontoise)
Charpentier Maxime (Université Paris 10)
Chelbani Mélissa (Université Paris 10)
Collin Arnaud (IRTS Neuilly-sur-Marne)
Coste Andréas (Université Paris 10)
Demange Charles (Université Paris 10)
Dolléans Carolina (Université Paris 10)
Duret Claire (Paris Sciences et Lettres)
Fernando Pierre-Alexandre (Université Paris 1 Panthéon La Sorbonne)
Galici Marounae (Université Paris 2 Assas)
Gardin Simon (Université de Rouen)
Girier Marianne (Université Paris 10)
Girier Pierre (Université Paris 1 Panthéon La Sorbonne)
Guillemaud Zoé (Université Paris 3)
Hamdoud-Meunier Eléa (Paris 1 Patnhéon La Sorbonne)
Hertout Pierre (Université Paris 10)
Julian Lucas (Université Paris 10)
Kernaleguen Philippe (Université Paris 10)
Klein Ninon (Université Paris 10)
Lacombe Matthieu (Paris Sciences et Lettres)
Laforestrie Mélanie (Paris Sciences et Lettres)
Lanzalotta Elsa (Université Paris 10)
Lanzalotta Victor (Université de Toulon)
Lassus Baptiste (CESACOM)
Lénaïc Léandre (Université Paris 2 Assas)
Mendes Lucie (Sciences Po Saint-Germain-en-Laye)
Mendiharat Martin (Université Paris 10)
Meyniard Pierre (Université Paris1)
Morzelle Cédric (Université Paris 10)
Nègre Anne-Louise (Paris Sciences et Lettres)
Ollier Marion (Sciences Po Saint-Germain-en-Laye)
Ortiz Vincent (Sciences Po Paris)
Petiard Léo (Université Paris 10)
Pochat Maël (Université Paris 10)
Robert Audrey (Université Paris 10)
Rosset Marion (Université Paris 4)
Roudaut Erwan (Ecole Supérieure de Publicité)
Ryan Christophe (Université Toulouse Capitole)
Ryan Kathleen (Université de Bruxelles)
Savona Alexis (Université de Picardie Jules Verne)
Teisseire Célia (CPEA Paris)
Teulier Camille (Sciences Po Paris)
Unver Gokhan (Université Paris 10)
Vielcanet Antoine (Université Paris 10)


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